Tabac et autres drogues
La lutte anti-tabac a été plus efficace que la lutte anti-drogue, c'est la constatation qui s'impose.
Je n'ai jamais fumé et je n'ai rien contre les fumeurs (tant que l'atmosphère n'est pas lacrymogène!)
Je remarque avec beaucoup d'étonnement qu'on est parvenu a interdire le tabac dans les restaurants, bureaux, transports en commun
et a dissuader vraiment les fumeurs.
Comment est-on arrivé à lutter contre le tabac? On a longtemps employé l'argument du prix et des taxes, en vain. Puis on a ajouté le
volet guerre psychologique en imposant de terribles messages sur le TIER de chaque emballage.
Cela est une véritable opération d'intoxication
psychologique des usagers. Attention, les messages sont fondés mais leur présentation à chaque fois que l'usager sort son paquet finit par lui donner mauvaise conscience.
Les autres drogues...
Réflechissons en détail aux conséquences qu'auraient eu cette politique sur les autres drogues. Tout d'abord légaliser les drogues aurait
pour conséquence de tuer définitivement le trafic, tous les problèmes qui tournent autour (violence, blanchiment d'argent) et permettrait
à l'état de récuperer des taxes qui pourraient être comparables à celles sur le tabac. Cela soulagerait les forces de l'ordre d'un énorme
travail.
Il y a une chose qui est peu connue: quand un malade achète de la morphine sur ordonnance en pharmacie il paye un prix dérisoire, donc
objectivement ce produit n'est pas cher. Si un drogué achète a un trafiquant il paye un prix sans commune mesure avec la valeur
réelle du produit, en pratique il soutient le crime organisé. Les revenus illicites alimentent d'énormes organisations criminelles de par le
monde. Certaines organisations ne sont pas seulement criminelles mais terroristes et emploient ces revenus pour propager la terreur et la
mort. Donc quand on réflechit en détail on s'aperçoit qu'il est possible d'asphyxier de grandes organisations criminelles et/ou terroristes.
Au niveau des populations paysannes le bénéfice est qu'ils peuvent consacrer plus de surface aux cultures vivrières (=pour manger).
Tout le monde sait que les producteurs sont toujours ceux qui gagnent le moins dans la chaine producteur-distributeurs. Donc la perte de
revenus pour le paysan est négligeable par rapport aux pertes des trafiquants.
Mais il y a un aspect nouveau, ce serait cette possibilité
de guerre psychologique qui a si bien réussi pour le tabac et qui, par la force des choses, n'existe pas actuellement.
Doit-on craindre une explosion du nombre des usagers de drogues? Sans doute pas, de toute façon aujourd'hui déjà la Socièté doit
venir en aide à ces personnes. Si on place le problème en terme de chômage par rapport à l'emploi, il n'y aurait qu'un impact limité mais
certain. Les vrais problèmes sont plutôt dans l'incapacité de travail provoquées par les drogues ET les risques pour les conducteurs consommateurs.
Si on légalisait les drogues il faudrait savoir quels sont les personnes utilisatrices parce que leur comportement nécessite des précautions:
on ne peut pas laisser un drogué prendre le volant.
On peut discuter sur la nécessité de contrôles et/ou d'identification, je pense que si on propose à un drogué de pouvoir acheter son produit
à la condition d'être identifié comme c'est le cas dans les usages thérapeutiques il trouvera acceptable cette contrainte.